La croissance du groupe se poursuit à un rythme mesuré mais solide, confirmant la capacité de Moncler à évoluer dans un marché du luxe désormais moins expansif. Sans accélération spectaculaire, la maison italienne privilégie la constance — une stratégie que les investisseurs semblent aujourd’hui valoriser davantage que l’hypercroissance.
Porté par ses deux marques, Moncler et Stone Island, le groupe a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 3,13 milliards d’euros, en hausse de 3 % à taux de change constants, au-delà des attentes du marché. La dynamique s’est nettement renforcée au quatrième trimestre, avec une progression de 7 %, soutenue par l’Asie et les Amériques.
La marque Moncler demeure le moteur du groupe avec près de 2,7 milliards d’euros de revenus, tandis que Stone Island confirme la pertinence stratégique de son acquisition, affichant une croissance annuelle de 4 % et une forte accélération en fin d’exercice.
Cette performance illustre un changement de cycle pour le luxe : après l’euphorie post-pandémie, la priorité se déplace vers la prévisibilité financière et la maîtrise opérationnelle. Moncler semble déjà aligné sur ce nouveau tempo, avec une forte présence en direct aux consommateurs et une gestion prudente des canaux de distribution.
Parallèlement, la marque continue d’investir dans son capital culturel. Le modèle collaboratif de Moncler Genius, une plateforme de création collaborative, et les campagnes globales maintiennent une tension créative constante, évitant l’essoufflement observé chez certaines maisons concurrentes.
L’exercice 2025 marque également une transition majeure de gouvernance : Remo Ruffini a annoncé qu’il quitterait ses fonctions de CEO pour devenir président exécutif, laissant la direction opérationnelle à Bartolomeo Rongone, ancien dirigeant de Bottega Veneta, à compter d’avril 2026. Cette évolution a été perçue positivement par les marchés comme une combinaison de continuité stratégique et de renouvellement managérial.
Sur le plan géographique, la croissance s’est différenciée selon les régions : l’Asie reste le principal moteur, en partie grâce à la reprise de la demande touristique et à l’appétit soutenu pour les produits de luxe, tandis que l’Europe a enregistré une performance plus modérée.
Dans un luxe devenu plus sélectif, Moncler apparaît ainsi comme l’un des acteurs les mieux positionnés pour le nouveau cycle : moins spectaculaire, mais plus résilient.
Mario Sorrenti. Courtesy of Moncler








