En ce début d’exercice, le groupe de luxe italien affiche des performances contrastées. Porté par l’élan des Amériques et l’intégration récente de Versace, il parvient à amortir le recul observé en Europe et au Moyen-Orient. Sur les trois premiers mois de 2026, la croissance organique s’établit à 3 %.
Le chiffre d’affaires atteint 1 428 millions d’euros sur la période, en progression de 14 % à taux de change constants (+6 % en données publiées). Une performance largement soutenue par les Amériques, où la demande reste dynamique, avec des ventes en hausse de 15 % à données comparables, à 256 millions d’euros. L’Asie-Pacifique confirme sa résilience (+5 %, à 461 millions d’euros), portée notamment par la Chine, Hong Kong, Macao et la Corée.
À l’inverse, l’Europe accuse un recul de 6 % en organique, affectée par un ralentissement des flux touristiques, à 333 millions d’euros. Le Moyen-Orient enregistre une baisse marquée de 22 %, dans un environnement géopolitique sous tension, tandis que le Japon fléchit de 2 % à périmètre comparable.
Longtemps fer de lance de la croissance du groupe, Miu Miu voit son expansion ralentir avec une hausse limitée à 2,4 %. De son côté, la marque principale Prada affiche une croissance quasi stable de 0,4 %, soutenue par la solidité des ventes à plein tarif, malgré une réduction assumée des circuits de distribution en outlets.
L’intégration de Versace, finalisée fin 2025, apporte 143 millions d’euros de revenus et s’inscrit dans une stratégie de montée en gamme et de recentrage sur le retail. Le groupe apparaît engagé dans une phase de transition stratégique. Prada évolue d’un modèle historiquement tiré par une forte dynamique de marque unique (Miu Miu) vers un portefeuille multi-marques plus équilibré, mais naturellement moins explosif en termes de croissance. La priorité se déplace progressivement de la simple expansion vers la consolidation du portefeuille, Versace constituant une option de croissance à moyen terme encore en phase initiale.
Dans un environnement toujours incertain, le groupe poursuit sa feuille de route avec constance, misant sur un équilibre entre désirabilité produit et conquête de nouveaux clients. La direction insiste également sur le rôle clé de l’agilité opérationnelle et de l’intégration verticale pour naviguer dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et macroéconomiques.
Dans un secteur du luxe en pleine recomposition, Prada privilégie la continuité stratégique et vise une croissance supérieure au marché.








