À en croire les données les plus récentes publiées par Lyst, Chanel s’impose en tête du dernier classement des marques les plus désirables au monde. Un repositionnement qui marque un tournant pour cet indice de référence, désormais aligné sur les mutations profondes du marché de la mode.
Pour son édition du premier trimestre 2026, le Lyst Index introduit une méthodologie repensée, structurée autour de trois piliers : « Desire, Demand, Discovery » (désir, demande et découverte). L’objectif : mieux refléter un environnement où les parcours d’achat ne sont plus linéaires, mais façonnés par les réseaux sociaux, les dynamiques culturelles et l’essor de technologies comme l’intelligence artificielle.
Historiquement, le classement s’appuyait déjà sur un large éventail de données — recherches en ligne, vues de produits, ventes et engagement sur les réseaux sociaux — agrégées à partir de millions d’utilisateurs à travers le monde. Cette nouvelle approche va plus loin en intégrant la notion de « découverte », c’est-à-dire la manière dont les consommateurs entrent en contact avec les marques dans un écosystème numérique fragmenté.
Dans ce cadre analytique renouvelé, Chanel accède directement à la première place, portée par une demande soutenue et une visibilité maximale sur la période étudiée. Ce succès illustre une tendance de fond : la capacité des grandes maisons patrimoniales à maintenir leur attractivité malgré une concurrence accrue et des cycles créatifs toujours plus rapides. Les produits iconiques, notamment les sacs et les chaussures, continuent d’alimenter à la fois la désirabilité et la viralité.
Derrière ce leadership, plusieurs marques confirment leur retour. Gucci réintègre le top 5, porté par un regain d’attention médiatique, tandis que Dior figure maintenant à la troisième place. Parallèlement, des acteurs comme Zara tirent leur épingle du jeu grâce à des collaborations culturelles et des campagnes virales, illustrant le poids croissant de l’attention dans la hiérarchie du secteur.
Devenu en moins d’une décennie un véritable thermomètre de la mode mondiale, le Lyst Index n’échappe pas aux critiques. Certains observateurs pointent notamment son biais en faveur des dynamiques numériques et de la viralité, au détriment des performances commerciales réelles. Son influence n’en reste pas moins considérable : le classement ne se contente plus de refléter les tendances, il contribue désormais à les façonner, orientant les stratégies marketing et la perception des marques.
Cette édition 2026 consacre ainsi un modèle hybride, où héritage, visibilité digitale et résonance culturelle deviennent indissociables. Désormais, la désirabilité ne se mesure plus seulement en ventes, mais en capacité à capter puis à convertir l’attention.
Courtesy of Chanel








