Le 2 décembre 2026, Chanel investira Rome pour y présenter son prochain défilé Métiers d’Art. Un choix qui s’inscrit dans la tradition itinérante de ces collections, pensées pour magnifier l’excellence des savoir-faire artisanaux qui fondent l’identité de la maison.
Depuis leur création en 2002, les collections Métiers d’Art célèbrent les savoir-faire d’exception de la maison ( brodeurs, plumassiers, bottiers ) dans une mise en récit qui relève autant de la préservation artisanale que de la communication de marque. Derrière l’hommage, ces ateliers incarnent aussi un argument stratégique : celui d’un luxe qui se veut patrimonial autant que désirable.
Après New York en 2025, Rome s’impose comme un nouveau chapitre dans ce dialogue entre héritage et invention. Dans le décor monumental de la Ville éternelle, entre marbre antique et fastes baroques, la maison déploie une mise en scène où le temps semble suspendu. Là où Manhattan imposait son énergie brute et son rythme urbain, Rome convoque la mémoire, la permanence et une certaine idée de la grandeur.
Ce déplacement marque également une étape significative dans la vision de Matthieu Blazy. Le créateur, qui avait marqué les esprits avec une approche immersive et contemporaine lors de son précédent défilé, semble ici amorcer une écriture plus introspective, en résonance avec la densité historique du lieu.
Au-delà du geste créatif, ce choix révèle une stratégie plus large. En multipliant les destinations emblématiques, Chanel tisse un récit global, où chaque collection devient un territoire d’expression. Rome, en ce sens, apparaît comme un moment charnière : celui d’un retour assumé à l’héritage, sans renoncer à l’expérimentation.
Reste à voir comment le créateur s’emparera de cette scène chargée de symboles. Dans une ville où le passé affleure à chaque instant, le défi ne sera pas de le célébrer, mais de le réinventer.
Courtesy of Chanel








