Tiffany & Co. et le Musée des Arts Décoratifs célèbrent l’héritage de Jean Schlumberger

Tiffany & Co

Tiffany & Co. vient d’annoncer un partenariat pluriannuel consacré à la conservation, à la restauration, à l’inventaire et à la numérisation d’un fonds exceptionnel consacré au joaillier français Jean Schlumberger.

Dessins, photographies, correspondances et papiers personnels : le fonds Jean Schlumberger, entré dans les collections du Musée des Arts Décoratifs (MAD) en 1994, s’apprête à faire l’objet d’un vaste programme de conservation et de numérisation. Menée avec Tiffany & Co., cette initiative de quatre ans permettra également d’approfondir l’étude de ces archives et d’en élargir l’accès, notamment auprès des chercheurs et des professionnels, afin de mieux comprendre le parcours et le processus créatif du célèbre joaillier.

Annoncée à l’occasion de la Paris Fashion Week 2026, cette initiative doit permettre de préserver des documents parfois fragilisés par le temps, tout en approfondissant les recherches consacrées au créateur. Elle vise également à rendre ces archives plus accessibles et à mieux faire connaître un ensemble de plus de 10 000 pièces, comprenant notamment quelque 5 000 dessins et plus de 5 000 documents, photographies et papiers personnels.

L’intérêt de ces archives tient autant à leur richesse qu’à leur diversité. Elles ne documentent pas uniquement les créations achevées de Jean Schlumberger, mais aussi les différentes étapes qui précèdent leur réalisation.

Le fonds est entré dans les collections de l’Union centrale des Arts Décoratifs en 1994, à la suite du don effectué par Luc Bouchage. Les archives sont organisées en plusieurs ensembles consacrés notamment aux papiers personnels du créateur, à sa production et à la documentation réunie autour de son œuvre.

Né à Mulhouse en 1907, Jean Schlumberger commence sa carrière dans les années 1930. En 1937, il commence notamment à travailler pour Elsa Schiaparelli, pour laquelle il crée des boutons et des bijoux fantaisie. Dès cette période, son univers se distingue par son goût pour les formes de la nature, les animaux et les motifs fantastiques.

En 1956, il rejoint Tiffany & Co. à New York à la demande de Walter Hoving, alors président de la maison, qui lui propose de devenir vice-président. Tiffany lui offre alors un espace de création qui lui permet de développer librement son langage esthétique. Il travaille notamment depuis son propre studio et salon installé dans le flagship de la maison sur la Fifth Avenue.

Son arrivée marque une étape importante dans l’histoire créative de Tiffany. Schlumberger contribue notamment à placer la couleur, les pierres exceptionnelles et la fantaisie au cœur de l’expression joaillière de la maison.

Parmi ses créations les plus célèbres figure le « Bird on a Rock », présenté par Tiffany en 1965. Le motif associe une pierre spectaculaire à une silhouette d’oiseau et devient au fil du temps l’une des signatures les plus reconnaissables de la maison. Il résume à lui seul l’approche de Schlumberger, qui aimait confronter la rigueur de la joaillerie à des formes pleines de mouvement et d’imagination.

L’un des intérêts majeurs du partenariat réside dans la possibilité de redécouvrir des projets restés inédits. Les recherches menées dans les archives ont notamment permis de retrouver le dessin d’un solitaire inspiré de l’univers « Sixteen Stone », imaginé par Schlumberger mais jamais réalisé à son époque. Selon WWD, Tiffany a depuis concrétisé ce dessin sous la direction artistique de Nathalie Verdeille.

Cette redécouverte illustre la manière dont un fonds historique peut continuer à nourrir la création contemporaine. Les archives ne constituent donc pas seulement une mémoire figée de l’œuvre de Schlumberger : elles offrent également de nouvelles pistes de recherche et d’interprétation.

Pour Tiffany & Co., leur préservation participe ainsi à la transmission d’un vocabulaire créatif qui continue d’influencer la maison. L’étude des dessins permet de mieux comprendre la méthode du joaillier, depuis ses premières esquisses jusqu’aux pièces réalisées par les artisans, mais aussi de mesurer la place qu’occupe encore son travail dans l’identité de Tiffany.

À travers ce programme de quatre ans, Tiffany & Co. et le Musée des Arts Décoratifs donnent une nouvelle visibilité à un patrimoine qui dépasse largement l’histoire d’une seule maison de joaillerie.

Alors que Tiffany continue de faire vivre certains de ses motifs emblématiques, la numérisation et l’étude de ses archives offrent ainsi un nouveau regard sur l’un des créateurs qui ont profondément marqué l’esthétique de la maison. Près de quatre décennies après sa disparition, Jean Schlumberger continue, par ses dessins comme par ses bijoux, d’occuper une place singulière dans l’histoire de Tiffany & Co.

Courtesy of Tiffany & Co.

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