Pressentie depuis plusieurs mois, la vente de Marc Jacobs par LVMH est désormais actée. Le leader mondial du luxe a annoncé la cession de la maison américaine à WHP Global, dans le cadre d’une opération menée avec le groupe textile G-III Apparel Group. Le montant exact de la transaction n’a pas été officiellement dévoilé, mais plusieurs médias financiers évoquent une valorisation proche du milliard de dollars.
Selon le communiqué, Marc Jacobs conservera la direction artistique de sa marque après la finalisation de l’opération, attendue d’ici la fin de l’année, sous réserve des autorisations réglementaires.
Cette vente marque la fin de près de trente années de collaboration entre LVMH et le créateur américain. En 1997, le groupe dirigé par Bernard Arnault avait pris une participation majoritaire dans la maison new-yorkaise, au moment où Marc Jacobs était également nommé directeur artistique de Louis Vuitton. Sous l’ère LVMH, la marque s’est développée à l’international grâce à ses collections de prêt-à-porter, ses sacs et ses parfums, tout en conservant un positionnement plus accessible que celui des grandes maisons du luxe traditionnel.
Pour WHP Global, cette acquisition s’inscrit dans une stratégie de développement dans la mode premium. Le groupe détient déjà plusieurs enseignes internationales, parmi lesquelles Vera Wang, rag & bone et G-Star. Avec l’intégration de Marc Jacobs, WHP Global pourrait dépasser les 9,5 milliards de dollars de ventes mondiales sous licence.
Partenaire de l’opération, G-III Apparel Group, propriétaire de DKNY et exploitant de la marque Karl Lagerfeld, devrait piloter les activités opérationnelles et commerciales de Marc Jacobs. WHP Global supervisera pour sa part le développement des licences et de la propriété intellectuelle.
Cette cession illustre également la volonté de LVMH de recentrer son portefeuille sur ses marques les plus rentables, dans un contexte de ralentissement du marché mondial du luxe. Depuis plusieurs mois, le groupe français multiplie les arbitrages stratégiques autour d’actifs jugés non essentiels, alors que la demande en Chine comme aux États-Unis montre des signes d’essoufflement.
Au-delà du cas Marc Jacobs, l’opération confirme surtout la montée en puissance des groupes américains spécialisés dans la gestion de marques et les licences. Des acteurs désormais capables de transformer des griffes historiques en plateformes mondiales de distribution et de partenariats — et de rivaliser avec les géants du luxe sur le terrain de la valorisation des marques.
Courtesy of Marc Jacobs








