Puig dessine sa feuille de route à l’horizon 2032

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Plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une marge d’EBITDA ajustée supérieure à 22,5 % et une place parmi les leaders mondiaux de la beauté premium : Puig dévoile ses ambitions à l’horizon 2032. Avec son plan Vision 2032, le groupe espagnol entend intégrer le Top 4 mondial de la beauté haut de gamme et le Top 2 de la parfumerie, en s’appuyant sur le développement de ses marques stratégiques et la poursuite d’une croissance rentable.

Propriétaire de Rabanne, Carolina Herrera, Jean Paul Gaultier et Charlotte Tilbury, Puig entend structurer sa croissance autour de quatre priorités.

La première concerne les parfums de prestige, cœur historique de son activité. Le groupe souhaite notamment développer Carolina Herrera comme une marque de beauté à part entière, articulée autour de deux piliers : les fragrances et le maquillage. Rabanne et Jean Paul Gaultier poursuivront, de leur côté, l’expansion de leurs portefeuilles à travers l’innovation et le déploiement à l’international.

Autre relais de croissance : les parfums de niche, dont le poids dans le marché mondial de la parfumerie sélective pourrait approcher 20 % d’ici 2032. Puig veut accélérer le développement de Byredo et Penhaligon’s, notamment aux États-Unis et en Asie, tout en préservant leur exclusivité et leur rentabilité. Le marché américain constitue un relais de croissance important : il représente 25 % du marché mondial de la parfumerie de niche, alors que ce segment ne représente que 14 % du portefeuille de parfumerie de niche de Puig.

Le groupe entend également accélérer le développement de Charlotte Tilbury, dont l’activité a plus que triplé depuis son intégration en 2020. La marque britannique vise une croissance supplémentaire de 50 % de son activité d’ici 2032. Pour soutenir cette ambition, Puig compte renforcer son offre de maquillage, accélérer le développement de son activité dans les soins et faire son entrée sur le marché des parfums à partir de 2028, tout en élargissant sélectivement sa distribution.

Enfin, la dermocosmétique doit devenir un autre moteur de croissance. Puig prévoit de doubler les ventes d’Uriage d’ici 2032. Sous réserve de la finalisation du rachat des 50 % d’ISDIN qu’il ne détient pas encore, attendue au premier trimestre 2027, ISDIN, Uriage et Apivita constitueraient une plateforme représentant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires pro forma. L’opération prévoit un versement de 900 millions d’euros à la clôture, puis un paiement différé de 300 millions d’euros au premier trimestre 2029.

Les résultats des neuf premiers mois de 2026 illustrent les dynamiques sur lesquelles Puig entend capitaliser. Le groupe a réalisé 3,745 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 4,8 % à périmètre et taux de change constants. Au troisième trimestre, les ventes ont atteint 1,391 milliard d’euros, en hausse de 5,6 % à données comparables.

Le maquillage affiche la dynamique la plus soutenue, avec une croissance de 12 % sur neuf mois, à 628,5 millions d’euros. La progression s’est accélérée au troisième trimestre, à 16,1 %, portée notamment par Charlotte Tilbury, l’innovation et les gains de parts de marché. Les parfums et la mode, qui représentent 72 % des ventes du groupe, ont progressé de 3,8 % à données comparables. Les soins affichent une hausse plus modérée de 1,3 %, malgré la bonne dynamique de la dermocosmétique, notamment chez Uriage.

Sur le plan géographique, l’Asie-Pacifique constitue le principal moteur de croissance, avec une progression de 17,9 % sur neuf mois. La région ne représente toutefois encore que 11 % du chiffre d’affaires de Puig. Les Amériques progressent de 3,8 %, tandis que la zone EMEA enregistre une hausse de 3 %.

Avec Vision 2032, Puig fait le pari d’une croissance sélective, portée par ses marques les plus puissantes et par de nouveaux relais dans la parfumerie de niche, la dermocosmétique et les marchés asiatiques. Le défi sera de mener cette transformation tout en améliorant les marges et en maîtrisant les investissements liés à son développement. La capacité du groupe à changer d’échelle sans diluer l’identité, l’exclusivité et le pouvoir d’attraction de ses marques constituera le véritable baromètre de son succès.

Courtesy of Puig

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